Chroniques de N3XT

Par l’archiviste Siméon McDougall​

Chapitre 1 : Les origines


Est-il légitime pour un peuple de se questionner à propos de ses origines ? Pourquoi se donner tant de mal pour découvrir les mystères que révèle un passé enveloppé de brumes ? Les ressources attribuées à ces recherches en valent-ils véritablement la peine ? La réponse se trouve dans le cœur des hommes qui chaque jour affûte leur esprit à comprendre qui nous sommes et d’où nous venons. L’Histoire s’avère une science, au même titre que la technologie, la guérison et la magie. Bien que parfois sujette à différentes interprétation, elle n’en demeure pas moins sans risque. Trop peu connaissent la vérité sur les événements qui se sont déroulés sur notre monde et des raisons qui les ont provoquées. Qui sait sur quel sombre secret l’historien peut tomber et réveiller un mal ancien, endormi dans les secrets de notre monde. L’esprit de l’humain n’est pas adapté pour combattre la corruption invisible qui se berce de nos cauchemars. Elle se propage telle une tumeur, déchire et souille jusqu’à ce que son hôte infortuné sombre dans la folie. Certaines choses devraient demeurer dans l’obscurité. Le chemin de la connaissance emprunte parfois une voie dangereuse. Cependant, il est du devoir de l’historien de découvrir tout ce qu’il y a découvrir, au même titre que l’archéologue doit fouiller et déterrer les vestiges matériels des anciennes civilisations. Le courage n’est pas unique aux champs de bataille. Les menaces agressent autant l’intégrité physique que les facultés intellectuelles et mentales.
    Tout au long de ce voyage de la connaissance, moi, Siméon McDougall serai votre humble serviteur. En ma qualité d’archiviste, mon rôle est de confiner puis de rédiger les rapports donnés par les historiens. Il me faut analyser et assimiler toutes les informations afin d’y déceler toute trace laissée par ceux qui, au cours des âges précédents, foulèrent notre monde ainsi que tous les autres qui existent dans ce que nous pourrions peut-être appeler un « multivers ». Je m’engage donc à n’écrire que la vérité en dépit des risques encourus. Cet ouvrage n’a qu’un seul but ; faire étalage de toutes les informations en notre savoir … et celles que nous ignorons encore.


    Encore à ce jour, il est impensable d’identifier avec exactitude le noyau de nos origines. Notre folklore regorge d’histoires de seigneurs tyranniques, de sorciers malfaisants et de héros légendaires à la pureté de cœur et d’esprit. Ces histoires se déroulent dans un important royaume nommé Hyrule. Aujourd’hui, il est parfois possible de découvrir des reliques de ce passé dont il ne reste aucune preuve géographique de son existence. Une thèse endiablée continue de s’imposer sur ce sujet; s’agit-il d’un autre âge datant d’avant la préhistoire ou alors d’un autre monde dont les populations auraient migrées sur Terra, via les différents portails ? Un fait cependant demeure; les événements dont nous parlons se sont déroulés via des temps immémoriaux. Il est même surprenant que certains explorateurs reviennent d’expéditions lointaines en transportant avec eux des objets nimbés d’une magie antique et véritablement puissante, et que le temps ne semble pas avoir altéré. Il ne fait plus aucun doute que le peuple d’antan était profondément versé dans l’étude de la magie et que leurs sorciers surpassaient de loin les plus talentueux des nôtres. Ils sont à l’origine des portails que nous utilisons actuellement pour voyager entre les plans et ne cessaient d’améliorer leur efficacité en y incorporant des matériaux et des enchantements issus d’autres mondes. Les Hyrulies (nom donné aux habitants d’Hyrule), entreprirent alors une vague de colonisation à travers les différents mondes qu’ils découvraient au fur et à mesure qu’ils voyageaient entre les plans. Cette période coloniale pourrait hypothétiquement résulter de notre existence sur Terra, à supposer qu’Hyrule n’est pas le fort lointain ancêtre de Terra, connu alors sous ce nom. Mais une chose est certaine, les sorciers hyrulies ont bel et bien ouvert des portails pour voyager à travers les plans sans crainte des répercussions qu’une telle insouciance allait engendrer. 
    Deux portails ont soudainement émergé sur une Terra gouvernée par les Hyrulies décadents. L’un déchira l’écorce d’un arbre géant dans la forêt de Kokiri, le corrompant et le difformant jusqu’à lui donner un aspect vivant et menaçant. Ce portail était celui du Nether, un monde dévasté parallèle au nôtre, consumé par les flammes et infestés de créatures monstrueuses. Mais si les portails du Nether avaient la fâcheuse tendance de se multiplier et de corrompre l’espace environnant, ils ne constituaient pas un danger pour autant que personne ne faisait l’erreur d’y pénétrer. Les voraces créatures peuplant le Nether ne franchissaient elles-mêmes que très rarement les portails. Le second portail allait se révéler plus alarmant. Il conduisait à l’Ender, le plan du vide et des cauchemars, gouverné par un terrifiant dragon éthéré, dont l’ouverture est responsable de l’apparition des hordes de morts-vivants. Les sorciers hyrulies réalisèrent trop tard l’étendue de cette menace. La guerre qui s’ensuivit allait opposer les vivants aux morts.
    Les armées des Hyrulies, peu entrainées et surtout moins nombreuses, furent écrasées par les morts-vivants dont ils ne connaissaient rien. Les soldats tués se relevaient presque instantanément pour combattre leurs anciens camarades. Les villages étaient ravagés, les villes tombaient les unes après les autres. Aucune muraille n’empêchait plus la marche des cadavres titubants. En moins d’une année depuis l’ouverture du portail de l’Ender, l’on enregistrait déjà plus de morts-vivants que la population entière de Terra. Fabius, le souverain hyrulie sur Terra, était en faveur de laisser notre monde aux morts et de s’exiler vers un autre plan avec ses meilleurs éléments mais les magiciens hyrulies le convainquirent de poursuivre la bataille. Car leur conclave avait un plan. 
    Non seulement avaient-ils progressé dans l’étude de la magie blanche, efficace pour contrer les ténèbres, mais ils avaient découvert le moyen de sceller le portail de l’Ender. À force d’incantations, ils affaiblirent la puissance du portail qui générait lui-même la magie noire qui l’alimentait. Ils profitèrent de ce moment de faiblesse pour détruire les douze yeux d’Ender qui maintenait le portail constamment ouvert. Bientôt, les hordes de morts-vivant s’écroulèrent sous les rayons du soleil. Sur la cabale d’une cinquantaine de magiciens envoyés pour sceller le portail, seuls sept archimages revinrent en vie de  l’expédition. Deux d’entre eux devinrent fous quelques jours après et se suicidèrent.

    Les vivants reprirent possession de Terra, mais à quel prix. Le monde était ravagé et les charniers débordaient de cadavres. Les villes étaient désormais inhabitables et les maigres récoltes ne suffisaient plus à nourrir la population, réduite à moins de la moitié de ce qu’elle était avant la guerre. Pire encore, la magie noire de l’Ender avait pris racine dans notre monde. Si la lumière du soleil détruisait les morts-vivants, il leur arrivait de réapparaître la nuit venue dans les endroits les plus reculés. L’essence de corruption qui désormais parcourait les veines de la terre insufflait une nouvelle forme d’énergie magique, noire et souillée, la nécromancie, à certains des individus les plus méprisés de la société. Ils devinrent des nécromanciens et des sorcières qui, encore aujourd’hui, sèment la peur et la mort à notre peuple. Le plus redoutable d’entre eux se fait appeler Markin le noir. Il se glisse constamment entre les filets des héros qui le traquent sans relâche. Mais nous y reviendrons.

Malgré le sacrifice du conclave des mages et des milliers d’hommes et de femmes afin de sauver notre monde, les survivants étaient dégoûtés face à l’ampleur des dégâts. La terreur de se confronter à nouveau aux morts-vivants et aux sorciers noirs s’ajoutait à leur désespoir. Fabius et ses proches furent les premiers à franchir les portails pour quitter Terra et ne plus jamais y revenir. Il fut bientôt suivit par la presque totalité de la population. Cet exode se prolongea sur une période allant de trois à cinq années. La dernière personne à quitter Terra fut un archimage, l’un de ceux ayant participé à la fermeture du portail de l’Ender. Avant de franchir le portail, il détruisit tous les autres qu’il lui était possible de détruire. Lorsqu’il s’exila à son tour, seuls restaient le portail de l’Ender, neutralisé, et le portail du Nether dans la forêt de Kokiri.

    
    Ces évènements cités se produisirent avant notre âge. Il faut donc pardonner votre serviteur s’il manque de données cruciales, tels des noms, des dates, des époques et des lieux précis. Peut-être un jour, nous parviendrons à détailler plus en profondeur la situation sociale, culturelle et politique d’alors.  Mais après relecture de toutes les archives concernant l’histoire d’avant Terra, il est encore difficile pour nous de déterminer si Hyrule et Terra étaient en fait le même endroit, mais seulement séparés par quelques centaines de milliers d’années, voire plus. Comme mentionné plus haut, il reste également possible qu’Hyrule se trouve sur un autre plan, auquel il nous serait présentement impossible d’y accéder par manque de connaissances profanes. Ce que nous pouvons toutefois affirmer, c’est que nous sommes tous les descendants des Hyrulies et que la forêt de Kokiri serait le berceau de notre civilisation actuelle. Il semble plus que probable que les habitants de Kokiri étaient des survivants des Hyrulies ayant pris la décision de rester sur Terra plutôt que de fuir.
    L’émigration du peuple de la forêt de Kokiri fut causée par la corruption engendrée par le tout premier portail du Nether. Les mutations, tant chez la faune et la flore que chez les humains, couplé à l’empoisonnement graduel des sources d’eau et de nourriture força les hommes fuir la forêt qu’ils adoraient. En raison de leur environnement, il apparaîtrait que les hommes et les femmes de la forêt de Kokiri ne partageaient pas les valeurs de la société des Hyrulies et ne se considéraient pas comme tels. Il aurait été probable que la forêt de Kokiri ait manifesté son désir d’indépendance, ce qui pourrait expliquer la raison pour laquelle les magiciens hyrulies n’auraient pas cherché à refermer le portail du Nether lorsque celui-ci émergea.
Du nord au sud et d’est en ouest, des caravanes de colons quittèrent la forêt et se lancèrent dans l’inconnu dans l’espoir de trouver une nouvelle vie. Ils fondèrent des villages, qui devinrent des villes. Ils construisirent des palissades afin de se protéger des morts-vivants errants. La majorité s’exila vers les terres plus au sud. Ils fondèrent de grands royaumes qui allaient devenir les importantes factions qui encore aujourd’hui gouvernent le monde. De grands projets seront érigés, d’incroyables découvertes seront répertoriées. Mais des choses terribles, aussi… 

C’est ainsi que commence l’Histoire connue de Terra.
 

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